Capion Amandine & Galais Audrey

Volume
Arts Graphiques
Vidéo, Installation, Arts numériques
Démarche artistique: 

Audrey Galais :

Dans l’œuvre d’Audrey Galais, l’imaginaire tend à devenir réel. Ou l’inverse. Liés par une patine blanche badigeonnée de coloris pastels, les éléments bruts assemblés par l’artiste forment des paysages fictifs entre archaïsme et modernité. Versant au néant l’idée d’une rupture anthropologique entre un passé prétendument “primitif” et un monde contemporain “techniciste”, ces tentatives d’enchantement de rebuts donnent libre cours

à la survivance somatique de croyances magiques. Roland Barthes ne voit-il pas dans le plastique des noms de bergers grecs ?(1) Ici, les compositions donnent dans l’informe, entre créations de la nature et autels de fortune.

En “Galaisie”(2), les couleurs claires et acidulées indiquent partout le flou du rêve, l’aspect fictionnel de ce qui ressemble à un rituel hermétique et féérique. Pour harmoniser ce cadre idéal à la vacance de l’âme, le plâtre est le matériau de prédilection ; lénifiant et envoûtant, il se répand sur presque tout comme la nappe liquide ou végétale d’une libation. Symbole archaïsant d’une architecture fantasmée pour sa pureté, cette blancheur du plâtre a pour

vieille hypostase une Antiquité rêvée. Sans être allé en Grèce, Johann Joachim Winckelmann établit en effet, et à tort, dans son Histoire de l’Art dans l’Antiquité (1764) que la blancheur est consubstantielle à l’œuvre antique, toute de “noble simplicité” et de “grandeur sereine”(3). Le travail d’Audrey Galais joue de cette vénusté apparente et onirique dans l’utilisation du plâtre comme un agent mnémonique qui rappelle de faux souvenirs.

[ Extrait du texte d’Elora Weill-Engerer ]

 

 

Amandine Capion :

Mon travail s’articule autour de la matérialité de la ville. C’est lors de travaux que la ville exhibe les matières qui la composent, dans un état instable d’objets en formation, ou déformation, le tout orchestré en un chaos maîtrisé.

Le chantier dévoile la complexité de l’épaisseur sur laquelle nous vivons. Les travaux donnent à voir tous les temps réunis sur un même lieu, des matières dans différents états, visibles dans le sens de l’édification et de la ruine.

Béton et poussière.

Durant ce temps transitoire de l’indéfinition architecturale, je capte l’informe et collecte les miettes du paysage urbain afin de nourrir un travail de sculpture, d’installation et de dessin.